Alex Thomson envoyé à la mort par les rebelles syriens, en fait de l’idéologie négationniste

17 Jun

Alex Thomson est le correspondant de Channel 4. Il est entré en Syrie avec un visa officiel et a suivi les observateurs de l’ONU à Qusayr. Là il est entré en contact avec des rebelles qui l’ont attiré selon lui dans un traquenard pour essayer de le faire tuer par l’armée officielle. Ici son récit sur son blog.

Le problème de son récit n’est pas dans le scoop en tant que tel (les rebelles ont essayé de tendre un piège à un journaliste occidental) qui est possible mais surtout que ce récit est profondément idéologique ce qui permet de mettre en doute son authenticité.

The Irish UN officer in charge,Mark Reynolds, came over: “Usual rules Alex OK? We’re not responsible for you guys. If you get into trouble we’ll leave you, yes? You’re on your own.” “Yup – no problem Mark. Understood.”
I always say that, sort of assuming it will never come to that in any case.

C’est dès les premières lignes qu’apparaît le problème. Aller couvrir une zone de guerre suppose précisément qu’on se met en danger et qu’il y aura des problèmes. Ce risque est assumé car la fonction du journaliste est (aussi) de se mettre en danger pour rapporter de l’information mais si Alex assume que ce danger n’existe pas, sa fonction et son éthique de journaliste est à remettre en cause : que va faire Alex Thomson en Syrie pensant qu’il ne lui arrivera rien ? Est il prêt à assumer l’éthique du journaliste se mettant en danger pour le droit à l’information si ce danger n’existe pas dans son esprit ? Il veut aller à Qusayr en zone rebelle avec l’ONU.

After a long and dusty half-hour of tracks across olive groves, we arrive at al Qusayr, to the predictable crowd scene.

The predictable crowd scene est la première expression de l’idéologie de Alex. Pour Alex c’est une « crowd scene » un attroupement. aucun individu, aucun être humain, aucun motif, aucun slogan, aucune parole, juste une « scène de foule ». C’est ainsi qu’Alex conçoit ce qui est probablement un rassemblement de civil hurlant les souffrances de leur massacres aux observateurs de l’ONU. Ces « predictable crowd scene » sont des éléments essentiels de l’information et de l’histoire. Elles seront les preuves des massacres, de l’impuissance de l’ONU mais aussi de sa présence et que ces massacres ne se sont pas fait à huis clos. Des hommes et des femmes qui ont perdu des fils, des filles, des pères, des mères qui se font cordialement massacré et qui cherchent à le dire aux observateurs de l’ONU impuissant : une predictable crowd scene…

En quoi est-elle predictable ? Est-ce que Alex pense que les massacres sont tellement nombreux qu’ils en sont devenus un lieux communs ? Pourquoi ne pas le dire ? Est-ce qu’il pense que c’est un jeu que joue ces gens : se ruer sur les observateurs ? Ou alors est-ce que Alex fait référence à la tendance générale de l’arabe à former ce genre de scène, à donner ce genre d’image ? Ces gens sont tellement prévisibles, ils n’ont pas de peine, pas de souffrance, pas de raisons, pas de condition, ils n’existent même pas. Ce n’est même pas une foule avec des humains mais une scène de foule, éphémere et théatrale, juste pour le show. Alex n’est même pas divertit c’est “predictable”, il trouve que le scénario est mal écrit. Il va donc essayer d’en écrire un meilleur.

The UN settles down for a long meeting with the civilian and military leaders here. It looks much like an Afghan “shura” to me. Everyone is cross legged on the cushions around the room, except it is Turkish coffee passed round rather than chai.

Le meeting qui aurait pu peut-être révéler certaines informations intéressantes est lui aussi évacué comme une scène orientale classique et donc sans intérêt. Qui sont ces chefs, combien de chefs civils, combien de militaires, quelle est la différence entre les deux, que disent-ils ? Alex n’est pas intéressé. Pour lui c’est une « shoura » afghane comme une autre, ces gens sont tous les mêmes, tribaux et assis par terre sauf que les uns boivent du thé et les autres du café. C’est la seule différence aux yeux d’Alex. Qu’une assemblée de chefs révolutionnaires se tienne pendant une heure avec des observateurs de l’ONU en plein milieu de la Syrie ne l’étonne pas du tout car… il a vu la même scène en Afghanistan. Un tribal afghan = un révolutionnaire Syrien, les uns boivent du thé, les autres du café mais le fait qu’ils s’assoient en rond sur des coussins en font automatiquement des cas similaires. Alex ne s’interroge pas une seule seconde sur aucune différence : politique, nationale, linguistique, personnelles, individuelles ou historique. « looks like an Afghan Shoura to me » et j’en ai déjà vu alors celle là ou une autre… Ce que ces gens disent ou font ou de quoi ils discutent ou pourquoi ils meurent n’a aucun intéret. Ce sont des sauvages assis par terre en buvant des boissons chaudes…

We settle down to filming outside. The women and boys bring us oranges and chairs in the heat. Shell fragments are produced to be filmed. They explain how the shelling will begin again as soon as we leave – a claim which, by its nature, must remain untested, though there is certainly extensive shell damage in some parts of town here.

Notons qu’Alex pose la scène comme parfaitement normale et naturelle. Pas un mot ni le moindre adjectif de remerciement dans son papier pour des gens qui sont venus offrir des oranges et des chaises (afin que lui ne soit pas assis par terre comme un sauvage). Par contre Alex précise que l’information qui lui est offerte en même temps que les oranges « doit par sa nature même » rester « untested ». Le choix du mot « untested » est curieux, il se trouve que cette affirmation a bel et bien été testée en de multiples occasions : les bombardement arrivent dès que l’ONU quitte un village. Mais c’est par nature que Alex la rejette et indique qu’elle doit être rejetée malgré les preuves qu’on lui apporte.

So we while away the time, waiting for the UN to move – they’re the only way across the lines with any degree of safety of course.

Ici et avec le paragraphe précédent, Alex indique très clairement ce qu’il vient faire en Syrie. Il ne vient pas chercher des informations puisqu’il rejette celles qu’on lui offre. Il ne s’intéresse pas à ce que fait l’ONU puisqu’il se contente d’attendre qu’ils aient fini pour bouger. Alex veut utiliser l’ONU comme un bouclier pour passer d’une ligne à l’autre. Cela aurait une certaine utilité si le but journalistique était de suivre le travail des observateurs mais Alex indique bien qu’il s’en fiche éperdument. Alex cherche volontairement à se retrouver entre deux lignes de tirs, mais protégé par l’ONU. Alex veut le no man’s land, la zone grise où il sera au milieu, entre les « deux côtés » à égale distance et d’où il pourra se permettre de dire : ici c’est gris, les deux côtés tirent l’un sur l’autre de façon parfaitement égale avec des motivations parfaitement égales sans aucune considération pour l’arme ou la cause d’aucun des deux camps, fondus ensemble dans un gris indistinct. C’est ce qu’Alex recherche comme scoop et c’est évidemment ce qu’il va trouver puisque, de façon très logique, lorsqu’on se pose au milieu d’un no man’s land on se fait tirer dessus par tout le monde. Alex s’impatiente, il n’est visiblement pas là pour entendre le témoignage des habitants ni filmer les preuves des bombardements auxquelles il ne croit pas vraiment.

But time drags. Our deadline begins to loom.

Cette phrase à elle seule porte toute l’étendue du profond mépris d’Alex à l’égard de ce qu’il vit et des gens chez qui il est, de leur existence même. Sa « deadline » est plus importante évidemment que ce meeting entre les chefs révolutionnaires et l’ONU. Son petit scoop merdique d’aller se mettre en danger sous les balles est plus important que le travail de l’ONU ou que ce que les révolutionnaires ont à dire où même que la vie des gens qui l’entourent. On lui a pourtant précisé que ça allait bombarder dès qu’il serait parti. Ce « time drags » qui met en danger sa « deadline » est encore la seule garantie de survie des gens qui lui ont offert des oranges mais Alex ne semble même pas le concevoir.

And there’s this really irritating guy who claims to be from “rebel intelligence” and won’t quite accept that we have a visa from the government. In his book foreign journos are people smuggled in from Lebanon illegally and that’s that. We don’t fit his profile. »

Il y avait pourtant ici encore une info particulièrement intéressante : Les révolutionnaires ont un service de renseignement. Mais pour Alex c’est encore un « claim » invérifiable et surtout ne méritant pas d’être vérifié. Alex est encore profondément méprisant à l’égard de cet homme et des enjeux que constitue la vérification de son identité. « in his book », Alex le connaît en entier sans l’avoir lu et ne prendra même pas la peine d’imaginer que la suspicion sur son visa officiel puisse être justifié. Ici Alex ment volontairement par omission.

Remettons les choses dans l’ordre : Alex se pointe en zone rebelle avec un visa officiel du régime et un van qui vient directement de Damas. C’est assez normal que les révolutionnaires se méfient : la simple présence du Visa indique déjà que Alex entend donner un poids équivalent aux fameuses « deux versions » ce qui par nature va nuire à la cause des révolutionnaires. Ce révolutionnaire que Alex prend pour un imbécile sait très bien ce que le régime fait lorsqu’il donne un visa officiel à un journaliste étranger et il est donc légitimement suspicieux sur la présence d’Alex qui a accepté de jouer ce jeu là. Il cherche à se protéger, lui, les siens et sa famille et sa révolution des infiltration des agents du régime et Alex, avec son visa officiel est suspect. Alex en réalité prend ici parti pour le régime.

D’abord il suppose que le visa du régime vaut pour tout le territoire et indique qu’il ne trouve pas normal qu’il soit suspect en zone révolutionnaire. Ici ce n’est pas normal qu’on n’accepte pas le tampon officiel. Rien qu’en décrivant la vérificationd’identité comme annoying, Alex indique qu’il pense que le drapeau d’Assad doit flotter sur toute la Syrie.

Ensuite Alex suppose que le régime n’a jamais instrumentalisé de journaliste ni jamais infiltré d’agents en zone rebelles en les faisant passer pour des journalistes étrangers. Une histoire pourtant relatée par Jhonatan Littel dans ses carnets de Homs. Des journalistes avec visa officiel prenant parti pour le régime ou le régime essayant d’infiltrer les zones rebelles avec ce stratagème, c’est parfaitement probable et Alex ment par omission en refusant de le mentionner les raisons du révolutionnaire de vérifier son identité.

Enfin Alex ne conçoit pas un seul instant ce qui pourrait se passer dans le cas inverse : le cas où il se pointerait à Damas sans visa officiel. Il serait évidemment arrêté, probablement torturé et vraisemblablement sait qu’il serait complètement fou de tenter l’expérience dans ce sens. Par contre, il trouve parfaitement normal de la tenter dans le sens inverse : se balader en zone rebelle avec un visa du gouvernement c’est un profil tout à fait acceptable et c’est « annoying » qu’on lui pose des questions. Lassé d’attendre il prend l’initiative:

We decide to ask for an escort out the safe way we came in. Both sides, both checkpoints will remember our vehicle.

Il est fantastique Alex Thomson tout de même. Après avoir écrit noir sur blanc que l’ONU était « the only safe way » il décide de demander à celui qui visiblement le soupconne d’être un agent du régime de lui fournir une escorte pour retourner de l’autre côté. C’est difficile d’imaginer ce que Alex conçoit exactement de la situation : les révolutionnaires vont l’escorter gentillement jusqu’au dernier check point rebelle et puis ensuite il va passer tranquillement jusqu’au check point de l’armée en priant pour que tout le monde se rappelle son véhicule et supposant qu’aucun camp ne trouve louche qu’il se ballade entre les deux ?
Si c’est vraiment le plan, pourquoi alors demander une escorte ?
Alex ici est en train de construire exactement ce qui va lui arriver : s’il vous plait, escortez moi jusqu’à ce que j’aille me faire tirer dessus par le régime dans le no man’s land.

Suddenly four men in a black car beckon us to follow. We move out behind. We are led another route. Led in fact, straight into a free-fire zone. Told by the Free Syrian Army to follow a road that was blocked off in the middle of no-man’s-land.

Alex vient de demander une escorte, il semble que ces 4 men in a black car soit son escorte mais il n’en indique rien. Alex est au milieu du no man’s land sur une route bloquée ce qui est précisément l’endroit où il voulait aller à l’origine. Les FSA lui ont indiqué d’aller sur cette route parce que c’était la route où il voulait aller : il veut repasser les check points des deux cotés, fatalement, il y a un moment entre les deux où c’est un no man’s land où ça tire à vue. Et fatalement les 4 types en voiture noire ne vont pas aller se prendre une pluie de balle pour protéger un imbécile qui veut aller au milieu.

Thomson se fait donc tirer dessus, il a très très peur et fait demi tour.

Predictably the black car was there which had led us to the trap. They roared off as soon as we re-appeared.

« Predictably » de nouveau. Pour Thomson, cette voiture attend de façon prévisible car il ne veut pas penser à aucune autre possibilité. C’est simplement prévisible que la voiture soit là parce que c’était ce que Thosmon prévoyait. Peut être que la voiture a attendu le retour de Thomson qui allait faire un demi-tour parfaitement prévisible en s’appercevant qu’au milieu du no man’s land on se fait tirer dessus. Peut être que cette voiture attend pour vérifier qu’il est en vie ? Alex n’y pense pas, la seule raison pour cette voiture d’attendre son retour est que c’était prévisible qu’elle soit là. La dualité et la traîtrise de l’arabe est aussi prévisible que la « crowd scene », c’est dans leur nature.

I’m quite clear the rebels deliberately set us up to be shot by the Syrian Army. Dead journos are bad for Damascus.
That conviction only strengthened half an hour later when our four friends in the same beaten-up black car suddenly pulled out of a side-street, blocking us from the UN vehicles ahead.
The UN duly drove back past us, witnessed us surrounded by shouting militia, and left town.
Eventually we got out too and on the right route, back to Damascus.

Là est le scoop que voulait Alex. Il est allé dans le no man’s land à partir de la zone rebelle, s’est fait tirer dessus et donc conclu que les rebelles l’ont attiré dans un piège. Aucun problème que le régime lui tire dessus, c’est la faute des rebelles. Sa conviction est renforcée car ensuite les rebelles l’ont empêché de suivre l’ONU. Pour lui ça fait partie du plan. Peut-être que les rebelles ont simplement empêché Alex de retourner se faire tirer dessus une demi-heure plus tard. Peut être que les rebelles ont pris le temps de lui négocier un passage sans risques avec l’armée de façon à ce qu’il puisse retourner à Damas. Curieusement, il n’y a pas un mot sur la façon dont il est revenu. « eventually we got out too » comment, pourquoi, à quelle heure, dans quelles conditions ? Rien. Alex voulait aller dans le no man’s land avec l’ONU et trouvait que ce petit meeting tribal durait un peu longtemps alors il a décidé d’y aller seul, il s’est fait tirer dessus, il revient et trouve conspiration dans le fait qu’on ne le laisse pas repartir avec l’ONU directement.

Mais c’est surtout la conclusion à laquelle voulait arriver Thomson qui est un modèle d’idéologie:

In a war where they slit the throats of toddlers back to the spine, what’s the big deal in sending a van full of journalists into the killing zone?
It was nothing personal.

D’abord, Alex met en perspective sa petite aventure personnelle (de laquelle il sort sain et sauf) avec le massacre de 100 personne. Pour lui ces choses arrivent dans une guerre où « ils » coupent des gorges donc normal qu’ « ils » envoient des journalistes se faire tuer. Dans ce « ils » indistinct, évidemment, on sous entend que le même « ils » sont responsable des deux événements. « Ils » dans l’histoire d’Alex ce sont les rebelles et il les identifie clairement comme responsables. Puis Alex diffuse l’idée que « ils » sont responsable aussi du massacre sans clairement définir qui « ils ».

« it was nothing personal » en forme de c’est normal. Ils, ces gens, indistincts, sans âme, qui se tuent et se massacrent sans cause ni culpabilité cherchent à me faire tuer ce n’est pas personnel. C’est dans leur nature d’arabe de faire ce genre de chose, on se tue et se massacre sans rien de personnel, c’est juste qu’ils sont comme ça, la situation est comme ça1 Alex ne leur en veut pas dans un grand élan d’empathie et de compréhension pour la nature sanglante de ces gens moyenâgeux.

L’idéologie d’Alex et de son « nothing personal » est celle ci : ces gens (les arabes dirons nous mais peut-être aussi ces Afghans qui leur ressemble) ces gens là massacrent et font massacrer des journalistes. Sans cause, sans raison, sans révolution, sans politique, sans surprise (« predictable ») et c’est à ça que ressemble une zone de guerre au moyen-orient, toutes semblables, toutes sans cause ni autre raison que la nature moyen-orientale qui crée ce genre de situation.

C’est cette idéologie que Alex va aller promouvoir ensuite sur Russia Today dans une interview où il détaille son histoire.

Rappelons pour ceux qui ne sont pas aussi familier du monde des média que l’est Alex Thomson qu’aller se faire interviewer sur Russia Today n’est pas du tout innocent sur le plan idéologique.

Dans l’interview, ce qui ressort c’est surtout le mot « both sides » qui réapparaît pas moins de 10 fois, histoire qu’il pénètre vraiment profondément le cerveau. Examinons donc les passages où Alex utilise cette idée de « both sides » pour regarder de plus près les idées qu’il amène dérrière.

RT : Thomson’s mission to Syria was unique in a way, as he was reporting on both sides of the conflict, interviewing both Assad loyalists and rebels (c’est l’introduction)

‘Both sides involved in very dirty tactics’ (c’est le titre de l’article écrit en très très gros)

AT : By and large, when we spoke to Syrian people on both sides of the war, they were pretty honest and pretty straightforward in their assessments of the situation. That was the situation in places like Homs, on both sides, in Houla, on both sides. It was certainly the case on one side in al-Qubair. But when we got to the rebel side of al-Qubair, there was something different and for the first time, we encountered a degree of hostility and suspicion about us, because they had never seen foreign journalists who had a visa from Damascus, who were in the country legally, not illegally. And that immediately aroused suspicion on their part. »

Ici le both sides est utilisé pour montrer que les rebelles sont différents. C’est « both sides » tout le temps jusqu’à Qusayr où là, les rebelles ne sont plus du tout both sides. Après avoir parfaitement équilibrer la balance, Alex utilise Al Qusayr pour la faire pencher en défaveur des rebelles.

 It is very unusual, almost unheard of, to do the kind of things that we were doing, which is to go from Damascus, cross the lines with the Red Cross and Red Crescent, and talk to both sides.

La pratique de Alex est en réalité ultra courante et il n’est pas le premier à tenter l’expérience du « Both Sides » avec un visa du régime. Chez chacun de ceux qui ont tenté l’expérience, la volonté de mettre sur un plan équivalent le régime et les rebelles était évidente. C’est une manipulation purement idéologique ainsi que le montre la question de Russia Today :

RT: So can it be that your willingness to talk to both sides was the reason why the rebels wanted to set you up?

En clair : est-ce que c’est cette idéologie que les rebelles ont refusé qui vous a mis en danger ? Et la réponse d’anthologie de Alex :

AT: That’s certainly possibly the case.

Dans l’idéologie du Both Sides, les choses deviennent probablement certaine…

(…)  I’m not angry about it, I’m not upset about it, this is a war and these things will be done. Both sides are involved in very dirty tactics in this war. This is a nasty and dirty war on both sides.

Ici « both sides » est très clairement utilisé pour le rebelles responsables (mais non coupable) des very dirty tactics.

RT: So are Assad’s troops mostly responsible for this violence?
AT: No, it’s a war. Both sides are responsible.

Ici, de façon limpide, l’utilisation du « both sides » est utilisée pour la défense directe de Bachar al Assad. Both sides et it’s a war est utilisé pour répondre « non » à la question de la responsabilité de Bachar dans les violence.

On peut donc conclure de cette analyse de l’idéologie d’Alex que sa mésaventure ne constitue en aucun cas une preuve irréfutable et objective mais un récit idéologique d’une aventure voulue plus que vécue et cherchant à équilibrer le régime et les rebelles. Cet équilibre est ensuite démonté en défaveur des rebelles puisque c’est Al Qusayr qui constitue le scoop et sur lequel Alex veut attirer l’attention médiatique.

Clausewitz, l’homme qui a définit la guerre explique que « la guerre est la continuation de la politique par d’autre moyens » Éliminer toute politique de la couverture d’une guerre en mettant « both sides » sur un même plan c’est une négation idéologique de la réalité. C’est supposer qu’il n’y a plus ni bourreaux, ni victimes, ni innocents ni coupables, ni oppresseur ni opprimé, ni voleur ni volé, ni exploiteur ni exploité.

Cette idéologie, c’est du négationnisme.

Et ton idéologie, Alex, doit être combattue, nothing personal..

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